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Le test de Rorschach a suscité de nombreuses controverses entre les partisans d'une interprétation essentiellement chiffrée, d'après un dépouillement minutieux des calculs, et les adeptes d'une interprétation psychanalytique du contenu. Les premiers reprochent aux seconds de projeter à leur tour et d'interpréter les réponses d'autrui d'après leur propre symbolisme.
Un tel danger est toujours possible. Il convient pour l'éviter d'être prudent, de faire associer le sujet et de tenir compte de la situation dans laquelle celui-ci effectue ses projections. Nous nous proposons d'exposer à l'aide de quelques exemples comment le test de Rorschach peut renseigner sur le dynamisme de l'inconscient et sur ses mécanismes, ceci sans recourir à des interprétations « intempestives » et « subjectives » du contenu projeté.
Les exemples ci-dessous ont été recueillis durant les années 1946-1949. Notre activité était alors orientée surtout vers la sélection des cadres.
L'interprétation des Rorschach nous a montré que les examens psychologiques professionnels qui se déroulent entre deux personnes, le candidat et l'expérimentateur, peuvent donner lieu à des transferts très rapides. Ceux-ci s'exprimeront moins par les paroles et les conduites des sujets que précisément par certaines réponses données au test de Rorschach. L'examen crée en effet une situation artificielle. Placé dans ce milieu inhabituel, le candidat se surveille parce qu'il veut « s'en tirer » le mieux possible. Le psychologue doit donc tenter de distinguer :
1° L'impression que le sujet veut donner de lui ;
2° La conduite qu'il peut avoir dans une situation normale, donc sa personnalité habituelle ;
3° Les mécanismes profonds de son psychisme.