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Au cours de conversations avec des collègues de ma promotion, soit à l'occasion de séances de contrôle, soit au cours de réunions amicales, je me suis aperçue, à mon grand soulagement, que bien des difficultés que j'éprouvais dans mon travail étaient communes à tous, à des degrés divers. Le contrôle, s'il cherchait à compléter l'analyse didactique dans la résolution de nos attitudes conflictuelles à l'égard des patients et à nous guider dans nos tâtonnements, ne semblait pas nous apporter toute l'aide voulue. Peut-être une clarté plus grande sur les récifs qui hérissent l'océan où nous nous sentions jetés sans bouée, le contrôle terminé, ferait office de phare et nous guiderait jusqu'à la « bonne » analyse. Car nous avions appris à nager mais ne connaissions pas bien l'emplacement des écueils. D'ailleurs, bien que les règles auxquelles on obéit plus volontiers soient celles que l'on s'est forgées soi-même, l'expérience mise en commun est cependant féconde. Si je pouvais, par une étude des difficultés et de leurs causes, non seulement voir moi-même plus clair, mais aider, à mon tour, dans leurs errements, des collègues plus nouveaux dans le métier et qui s'effraient souvent de la diversité des pièges rencontrés, je n'aurai pas perdu mon temps.
Il est évident que ce travail ne peut qu'être incomplet et limité. Tout d'abord la psychanalyse est loin d'avoir figé en une doctrine et une technique définitives son approche des névrosés. Ensuite, sans enquête menée à la façon d'un « Gallup » (je crois avoir entendu que les Américains l'ont fait auprès des psychanalystes de Chicago), il est bien difficile de tirer des conclusions affirmatives de quelques conversations amicales. Il a donc fallu que je puise dans le riche réservoir de mes