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Il fut de mise à une certaine époque de faire servir les créations artistiques d'un artiste à l'étude psychanalytique de celui-ci. Certaines objections ont été, à juste titre, formulées contre ce procédé. Le but de ce petit article est d'attirer l'attention sur une suite de pièces pour piano d'un caractère descriptif, dues à Rossini et restées inédites. C'est dans leur titre que se révèle l'intérêt psychologique qu'elles offrent. Ces morceaux, nous le verrons, peuvent être considérés comme représentant l'idée inconsciente que se fait le compositeur de la scène primitive et, à cet égard, on peut les considérer comme uniques. Nous ne choisirons ici, parmi tous les détails relatifs à la vie et au caractère de Rossini, que ceux qui se trouvent vraiment en rapport direct avec la question traitée et dont la connaissance reste essentielle si l'on veut justement apprécier la valeur de ces morceux. On constatera qu'aucune analyse posthume artificielle n'a été tentée et qu'elle serait d'ailleurs inutile.
Gioacchino Rossini naquit en 1792. Fils unique du trompette municipal de Pesaro et de sa femme, chanteuse à l'Opéra local, il reçut une éducation assez négligée sauf en musique, fait attribuable d'une part à la basse condition de ses parents, et d'autre part, à la vie vagabonde de ceux-ci.
Son génie musical se révéla de très bonne heure et il écrivit son premier opéra à l'âge de 18 ans. Le public considère aujourd'hui Le Barbier de Séville comme l'œuvre maîtresse du compositeur mais ignore généralement combien celui-ci fut musicalement prolifique. De fait, entre 18 et 37 ans, il acheva 36 opéras. Il composait avec une incroyable rapidité et l'on raconte que Le Barbier de Séville fut terminé en moins de quinze jours. Toye a dit de Rossini qu'il « était un grand musicien, plus gâté par la nature que n'importe qui sauf le plus grand. Personne n'a jamais su mieux que lui traduire en musique la joie de vivre ». S choies écrit : « Il avait le sens de la mélodie et celui de l'humour