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Lorsque je fis ici, il y a quelques mois, un exposé de nos recherches cliniques sur des malades atteints de céphalalgies, je présentai une observation détaillée, celle de Marie. Quand vint le moment de l'argumentation, le Docteur Nacht me posa cette question : « Vous parlez de névrose céphalalgique, mais ne pourrait-on pas s'exprimer plus simplement et dire que votre malade avait une névrose, disons caractérielle, et des céphalalgies ? »
Je crois qu'on ne peut pas poser le problème plus franchement.
Tout mon exposé, ce jour-là, avait été basé sur les imbrications entre la névrose de Marie et ses céphalalgies. J'avais montré l'énergétique commune, le glissement de la défense contre la mère alternant du plan algique au plan névrotique.
L'évolution de Marie, son milieu familial, sa névrose et ses céphalalgies formaient un tout dans lequel il était impossible d'isoler un élément soit névrotique, soit algique, soit même social, sans bouleverser l'édifice que la personnalité de Marie constituait. Il n'y avait rien de surprenant dans l'observation et l'essentiel pouvait être expliqué, démonté, sauf le point du passage de la névrose à la céphalalgie, si tant est qu'existe là un point de valeur particulière. Marie fut d'ailleurs débarrassée de ses maux de tête sans que nous nous soyons intéressé à ce point de passage. Et comment aurions-nous pu le faire ?
Cet endroit précis de la transformation de l'affectif en somatique,