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Dans le cadre de cet article, nous nous proposons de présenter les résultats partiels d'une enquête sur les opinions concernant la psychanalyse, qui nous a été confiée par M. le Pr Lagache.
Ce n'est pas la première fois que le résultat d'une telle enquête est présenté dans cette revue ; en effet dans le n° 3 de l'année 1935 (pp. 502-512) le lecteur trouvera un compte rendu par Mme Marie Bonaparte, d'une finesse polémique extrême, sur une entreprise qui pourrait être présentée comme analogue à la nôtre. En dehors de l'agrément et de la stimulation que lui procurera la lecture de cette note, le lecteur pourra mesurer la distance parcourue par la psychanalyse, de doctrine ayant une circulation limitée à une pratique et une théorie qui intéressent et concernent de larges couches de la société. Du même coup il lui deviendra clair pourquoi, à un « opinionaire » s'adressant à quelques personnes susceptibles de trancher de la vérité d'une conception, nous avons substitué une méthode plus adéquate d'étude des phénomènes psycho-sociaux.
Il va sans dire que l'objet de notre étude n'est pas la validité de la psychanalyse, car la valeur d'une théorie est à chercher ailleurs que dans l'accord des esprits dont les conventions varient, mais l'étude de la psychanalyse en tant qu'objet de représentation collective.
L'opinion, en tant que phénomène psycho-social, présente un trop grand nombre de facteurs variables, quant à son intensité psychologique et quant à son extension sociale, pour qu'on puisse parler d'une manifestation qui dans chaque problème présenterait le même degré d'homogénéité. L'opinion est une qualification que l'on donne à un