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Cet article est essentiellement une critique de la théorie dualiste de Freud et du concept d'instinct de mort. Freud semble avoir subi l'influence des théories biologiques de l'époque, largement basées sur la physique des systèmes fermés et le principe de l'entropie, seconde loi de la thermodynamique ; comme la vie ne se manifeste que dans des systèmes ouverts, le principe de l'entropie n'est pas applicable dans ces conditions. L'auteur produit des données biologiques en faveur d'une théorie unitaire de l'instinct ; l'instinct de vie aurait pour sens de maintenir en activité les processus vitaux d'un système particulier, en empruntant « l'entropie négative » au monde extérieur. Les cultures de tissus effectuées par Carrel sont en faveur de la théorie proposée : dans les conditions optimales de l'expérimentation, les tissus continuent à croître indéfiniment et sont pratiquement immortels. Le vieillissement et la mort interviennent en réponse à des interférences de l'entourage avec l'instinct de vie. La frustration peut conduire à une adaptation progressive ou régressive ; le choix de la solution est en corrélation avec le degré de complexité de l'organisme en cause : tandis que les systèmes primitifs tendent à s'adapter progressivement, par croissance, les organisations complexes tendent à recourir à des modes de conduite plus primitifs et plus archaïques.
D. Lagache.