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Ce fascicule de 39 pages constitue le rapport de médecine légale que le Dr Cenac a présenté au XLIXe Congrès des Médecins aliénistes et neurologistes de France et des Pays de langue française (Rennes, 16-23 juillet 1951). Ce rapport a été rédigé avec la collaboration de M. Durandin, attaché au Centre national de la Recherche scientifique et spécialiste de psychologie sociale. Il faut féliciter l'auteur et son adjoint de dresser un bilan fort clair et fort significatif des travaux scientifiques sur le témoignage, de mettre au courant le public français de recherches récentes, principalement américaines, de montrer en quoi celles-ci continuent les découvertes maintenant classiques de la psychologie expérimentale et en quoi elles en diffèrent, enfin et surtout d'indiquer dans quelle voie, non plus négative comme les précédentes, l'étude du témoignage peut s'orienter désormais, grâce à la psychologie projective et à la psychanalyse. A plusieurs reprises, le rapport préconise l'application de techniques qui permettraient d'apprécier avec une grande rigueur le degré de crédibilité que l'on peut accorder à un témoin. Il y a lieu d'espérer voir un jour ces mesures adoptées en justice et y apporter une révolution analogue à celle que les tests ont introduite en orientation professionnelle ou la psychanalyse dans le traitement des névroses.
L'auteur distingue trois périodes dans l'évolution des idées relatives au témoignage : une période pré-scientifique, imbue de préjugés moralisateurs, où « le témoignage vaut ce que vaut le témoin » et où les témoins sont divisés en deux catégories, les bons et les mauvais. La deuxième période est celle de la psychologie expérimentale de la perception et de la mémoire ; elle aboutit à la conclusion que le témoignage n'a à peu près aucune valeur. La troisième période est celle de la psychologie différentielle et personologique ; elle pose le problème en termes relationnels : quel témoin sera susceptible de donner le meilleur témoignage à part