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Je vais exposer, dans une première partie, le cas qui est à l'origine de ce travail. Dans une seconde partie, une étude plus profonde des facteurs ayant contribué au choix des symptômes somatiques sera entreprise.
René vient me consulter pour impuissance. Celle-ci est survenue brusquement il y a trois ans. A cette époque, il avait été l'objet d'avances amoureuses de la part d'une jeune femme. Après hésitation, il accepte de la rejoindre dans sa chambre et là, pour la première fois de sa vie, il lui est impossible d'avoir la moindre relation sexuelle avec sa partenaire. A partir de ce moment-là, René acquiert la conviction absolue que c'est fini, plus jamais il ne sera capable d'avoir un coït avec une femme. Il sombre alors dans une attitude dépressive, coupée de violents accès de colère dirigés surtout contre sa mère. Les études qu'il a poursuivies jusque-là aisément deviennent extrêmement difficiles à mener à bien. Il consulte médecin sur médecin, suit de multiples traitements, notamment des traitements hormonaux. Il accuse ces traitements d'avoir provoqué chez lui une excitation anale qui le terrifie, car explique-t-il, cela prouve qu'il devient pédéraste. Il avoue alors avec une grande expression de culpabilité et de honte qu'il se masturbe et que souvent, pour provoquer l'érection, il est obligé de se livrer auparavant à une masturbation anale.
René a 38 ans. Il est le deuxième d'une famille de trois enfants : son frère aîné a cinq ans de plus que lui et sa sœur est sa cadette de deux