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Freud a découvert un monde nouveau qu'il a exploré : le domaine de l'inconscient, jusqu'alors interdit à nos sondes. Cette prospection « abyssale », qui laisse entrevoir dans l'âme humaine des profondeurs ignorées, devait aboutir à une philosophie nouvelle : on en retrouve assez bien les données principales dans l'œuvre même de Freud, qui a été, sans aucun doute, un des plus grands penseurs de tous les temps. La princesse Marie Bonaparte, fille spirituelle de Freud, elle-même psychanalyste, écrivain, poète et philosophe, a esquissé, dans un livre récent, un aperçu de cette « psycho-philosophie des profondeurs », qu'elle reprend à son compte mais que, dans une certaine mesure, elle crée à nouveau en la complétant.
Marie Bonaparte considère, tour à tour, les incidences de la doctrine de Freud sur le Temps, l'Amour et la Mort. Elle analyse et psychanalyse trois personnages symboliques dont la toute-puissante intervention ne cesse de régir l'existence de l'homme et du monde : Chronos, qui préside à l'écoulement de la vie, Eros, qui la fait apparaître et Thanatos, qui la supprime.
Poursuivant actuellement des études sur la « psychologie étymologique », j'ai eu maintes fois l'impression que l'étymologie, où se trouvent consignées dans les mots les opinions de nos aïeux sur les choses, donne raison, avec toute son autorité antique et vénérable, aux idées de Freud et de Marie Bonaparte sur Chronos, Eros et Thanatos.