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« La conscience fait de nous tous des lâches. »
Le choix du sujet de la présente étude a été déterminé par diverses raisons. La première — et la plus impérieuse sans doute — est que la peur est si étroitement liée à la condition humaine qu'elle semble en être partie intégrante. Nous la trouvons d'ailleurs au centre de toutes les perturbations psychiques. Cette « constante » admise, les conditions dites « normales » et celles considérées comme « anormales » apparaissent plutôt comme des moment réactionnels et évolutifs de la personnalité que comme des « états » isolés et étrangers à celles-ci. Cette perspective nouvelle, cet angle de vision particulier, c'est à la psychanalyse que nous les devons. C'est par là qu'elle a contribué à une connaissance de l'homme plus complète, à une compréhension meilleure des problèmes humains.
Une autre des raisons qui m'ont incité à approfondir l'étude de la peur, c'est que celle-ci nous offre la possibilité de saisir mieux que nulle part ailleurs, la rencontre, la conjonction par excellence des deux versants de la personne humaine : le somatique et le psychique.
Je ne parle ici, bien entendu, que de la peur pathologique qui n'est pas provoquée par un danger réel, extérieur, connu, mais par une menace intérieure, inconnue, toute subjective, sans lien direct avec la réalité environnante.
Si je m'en tiens au terme général de peur, ce n'est pas que je veuille délibérément ignorer les différences cliniques entre celle-ci et l'angoisse ou l'anxiété. Mais en réalité, ces différences m'apparaissent plutôt comme des nuances diverses d'une même chose. Les négliger à dessein me semble une simplification nécessaire si nous voulons éviter un inutile effritement du sujet.