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Il n'est pas d'un grand intérêt d'étudier du point de vue médical ou médico-légal, le problème si discuté des guérisseurs ; cette manière de voir conduit à mal poser le problème et c'est dans une perspective psychologique qu'on pourra mieux en préciser les données réelles, données qui en fait vont mettre en question les rapports de la science médicale et de la magie.
Ce terme de « magie » peut signifier quelque chose d'archaïque, une appartenance à un passé de croyances mythiques, ou encore le privilège actuel de quelques peuples primitifs, en tout cas pour le civilisé axé sur la raison, il n'est plus qu'un mot vide de signification.
En réalité, il n'en est rien et une étroite parenté relie l'activité du guérisseur de nos jours à celle du sorcier, du shaman des tribus primitives, qui ont été l'objet de pénétrantes études des sociologues contemporains.
D'autre part, on ne peut pas considérer le shaman comme possesseur authentique d'un mystérieux pouvoir magique, capable de guérison, d'actions surnaturelles ; en fait, ce pouvoir n'est que l'expression de la croyance du groupe en la toute-puissance magique et croyance au fait que le shaman est investi de cette puissance.
La tribu et le shaman n'existent qu'en fonction l'un de l'autre, dans un rapport de complémentarité.
La même remarque est justifiée pour le guérisseur de notre société, que nous observons et dont nous entendons vanter les prodiges. Il faut souligner que guérisseur et groupe forment un couple indissoluble : ils n'existent que l'un par l'autre (naturellement en se limitant au champ d'activité de ce dernier).
Dès lors, nous nous apercevons que s'il est facile pour les époques d'une civilisation ancienne, ou actuellement pour les tribus primitives ou soi-disant telles, d'admettre une croyance à l'irrationnel, force nous est de concevoir que pour nous, rationalistes, le problème du couple