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La variété du complexe d'Œdipe que nous avons appelée « Œdipe désaxé » est une forme particulièrement intéressante autant pour ses répercussions sur le comportement et le caractère du sujet que pour l'orientation de l'analyste dans sa tâche thérapeutique.
Contrairement au complexe d'Œdipe classique dont l'apparition est normale et qui, sous conditions normales, aboutit à sa liquidation, l'Œdipe désaxé est primairement anormal, comme l'est aussi l'Œdipe renversé, et aboutit généralement à une fixation. Mais, tandis que l'anormalité de l'Œdipe renversé consiste en une inversion de l'attitude affective de l'enfant à l'égard du sexe de ses parents (attitude opposée à celle que présente l'Œdipe normal), l'anormalité de l'Œdipe désaxé concerne non plus l'attitude œdipienne de l'enfant, mais l'inversion du comportement psychologique de ses parents envers lui et, notamment, la substitution de la mère psychologique au rôle du père psychologique.
L'Œdipe désaxé, tel que nous l'avons constaté et étudié dans notre pratique thérapeutique, porte préjudice à l'affectivité et la sexualité de l'enfant, à son comportement et son caractère, à la formation de son Surmoi et de sa personnalité ultérieure.
L'inversion du comportement parental qui procède à l'Œdipe désaxé est due à la constitution du couple parental par une mère viriloïde (phallique, castratrice), ou ayant une personnalité (par éducation, par rang social, etc.) supérieure à celle du père, ou bien étant une névrosée (obsédée, phobique, insécurique, etc.), et d'un père faible (au point de vue psychique ou somatique), ou inférieur à la mère, au point de vue personnalité, ou bien féminoïde, ou encore névrosé (culpabilique, infériorique, surmoïque, etc.).
En observant un tel couple parental où la femme dirige la famille — positivement ou négativement et même passivement — s'imposant par son dynamisme, par son autoritarisme, ou bien par sa névrose, ou encore dominant grâce à la faiblesse du mari et déployant un comportement