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Freud nous dit, dans Malaise dans la civilisation: « Je me rappelle ma propre résistance à la conception d'un instinct de destruction quand elle se fit jour dans la littérature psychanalytique et combien j'y restai inaccessible. » Il nous affirme, dans Analyse terminée et analyse interminable: « Les actions communes et antagonistes des deux instincts primitifs, l'Éros et l'instinct de mort, peuvent seules expliquer la diversité des phénomènes de la vie, jamais une seule de ces actions seulement. »
Une personnalité remarquable a passionnément tenté de lui apporter un démenti. Après avoir rappelé l'importance des travaux de W. Reich et examiné les critiques les plus valables qu'on a pu lui faire, je décrirai sa technique d'analyse du caractère dans son dernier état. Ses arguments personnels en faveur du monisme, il les tire en effet des phénomènes observés chez le patient au cours de la progression d'une telle analyse. Je signalerai au passage les points qu'il néglige d'élucider et je tâcherai de montrer d'autre part qu'en réalité, dès qu'il essaye d'aller au delà de l'apparence superficielle des phénomènes qu'il observe, il se heurte à la nécessité de recourir à deux groupes d'instincts. Il se refuse à le reconnaître, et, d'évitement en évitement, il aboutit à un système confus et contradictoire.
On peut m'objecter que le monisme instinctuel est assez mal représenté par une personnalité telle que W. Reich. A cela, je pense pouvoir donner deux réponses. D'abord, son argumentation diffère assez peu de celle des adversaires plus pondérés de l'instinct de mort, une fois qu'on a éliminé les arguments qu'il croit pouvoir tirer de ses analyses du caractère. En second lieu, sa propre évolution nous montre, comme à travers un verre grossissant, la structure complexuelle qui peut, dans certains cas, expliquer cette prise de position. La clef d'une