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Lorsqu'on consulte la littérature psychanalytique traitant du problème de l'art, on est frappé de constater une quasi-unanimité des auteurs sur la question de savoir si l'artiste est un névrosé ou non. Suivant le tempérament des auteurs l'affirmation du caractère névrotique de l'artiste est exprimée avec plus ou moins de doigté, avec plus ou moins de mesure, mais, après avoir fait le tour de cette abondante littérature psychanalytique sur l'art, on ne saurait guère douter de la typologie de l'artiste en général qui apparaît comme un névrosé d'une qualité supérieure, chez lequel la névrose conditionne essentiellement la création artistique.
Freud est sans doute plus modéré dans l'application de son diagnostic que ne le sont Stekel ou Otto Rank. Voici ce qu'il déclare dans L'Introduction à la Psychanalyse, au chapitre XXXIII:
« L'artiste est en même temps un introverti qui frise la névrose… Il faut beaucoup de circonstances favorables pour que son développement n'aboutisse pas à ce résultat. »
Mais ces circonstances favorables se produisent-elles souvent ? Que non pas ! En effet, « l'on sait combien sont nombreux les artistes qui souffrent d'un arrêt partiel de leur activité par suite de névrose ».
Donc, si tous les artistes ne souffrent pas d'une névrose déclarée, un bon nombre d'entre eux en éprouvent cependant les effets, et parmi les épargnés se trouvent des artistes qui « frisent » la névrose, c'est-à-dire présentant le profil caractérologique et affectif du névrosé en puissance, du névrosé en équilibre instable se balançant dangereusement sur la corde raide qui traverse le gouffre d'un inconscient tumultueux.
Quant à Stekel, son opinion sur les artistes est bien arrêtée:
« Mes investigations m'ont apporté la conviction inébranlable qu'il