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L'allaitement au sein d'un enfant né dans d'excellentes conditions est interrompu au bout de trois semaines par une maladie de la mère qui doit alors délaisser son bébé. L'enfant est hospitalisé à 8 semaines pour des troubles gastro-intestinaux (diarrhées et vomissements); malgré la guérison de ces troubles, malgré les anti-infectieux et l'asepsie la plus méticuleuse, l'enfant présente à l'hôpital d'inexplicables poussées infectieuses et, malgré une abondante alimentation au lait humain et des transfusions, un amaigrissement progressif qui l'amène à 16 semaines au-dessous de son poids de naissance. Cet enfant qui offre alors le tableau misérable du marasme ou de l'hospitalisme, est repris par sa mère, qui se contente de l'alimenter au biberon de lait pulvérisé. Et du jour au lendemain la fièvre tombe et la courbe pondérale remonte en flèche (1).
Une femme très instable élève avec une grande négligence et à travers de multiples liaisons une fille qu'elle n'a pas désirée. Celle-ci qui, plus tard, ne se souviendra pas plus d'avoir jamais vraiment aimé que d'avoir été aimée, est hospitalisée à 24 ans à la suite d'une série d'impulsions agressives à peine contrôlées sur son entourage et en particulier son mari. Cette malade oscille entre l'inaffectivité et l'angoisse la plus vive, entre les actes de violence et les actes de suicide, entre les interprétations quasi délirantes et les manifestations psychosomatiques. Elle a souffert de troubles somatiques accusés (et opérés) lors de ses grossesses, et ses enfants, qu'elle ne peut ni aimer, ni s'empêcher de frapper, présentent déjà des altérations graves du caractère.
Pris parmi beaucoup d'autres ces deux exemples suffisent (2)