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Les rêves dans lesquels apparaît cet écran dont Lewin parle pour la première fois en 1946 représentent l'accomplissement total du désir de s'endormir au sein maternel après avoir été nourri.
L'auteur rapproche les phénomènes décrits par Isakower (hallucinations hypnogogiques d'une certaine sorte), l'écran de rêve, et les rêves presque dépourvus de contenu visuel ou de trame. Tous trois sont de même essence et reproduisent certaines impressions du nourrisson au sein.
Les représentations peuvent être soit très agréables, soit génératrices d'angoisse.
Dans les phénomènes d'Isakower la personne sur le point de s'endormir perçoit une masse sombre, généralement ronde, qui s'approche d'elle, l'enveloppe, et lui fait perdre la notion des limites de son corps.
C'est la même masse, dit l'auteur, qui apparaît comme écran dans certains rêves. Son aspect parfois plan est une illusion d'optique due à la taille du sein par rapport au nourrisson.
Les rêves « vides » évoquent plutôt des sensations et des affects que des images et sont difficiles à décrire en termes concrets.
Lewin rapporte ensuite de nombreux exemples fournis par des collègues.
La forme et la matière de l'écran peuvent varier sans compter qu'elles peuvent être modifiées par des souvenirs plus tardifs. L'écran peut être une balle de caoutchouc, un mur, une dalle de marbre veinée, une dune, un tableau noir, une pellicule photographique, une feuille de papier blanc. Le sein peut aussi être représenté par le verre d'un biberon et l'auteur fait, à ce sujet, allusion à la vitre du rêve de l'homme aux loups.
Au cours du traitement analytique ces rêves peuvent marquer un tournant où une certaine organisation mentale et libidinale fait place à une autre.
Lewin parle ensuite des rapports entre cette expérience au sein et l'extase. Cela se produit lorsque le surmoi est conçu sur un mode oral.