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Le but de cet article est principalement d'écarter le concept de résistance de caractère comme un artefact qui ne doit son existence qu'aux particularités de la théorie de W. Reich et de sa technique. La première partie est un exposé clair et fidèle des conceptions théoriques et techniques de Reich. La seconde partie, plus personnelle, est une évaluation de la position de Reich. Nous dégageons les objections suivantes:
1° La plus grosse erreur de Reich est de méconnaître l'authenticité possible du transfert positif initial; en méconnaissant les bons sentiments du patient, Reich le force à en avoir de mauvais; s'appuyant sur Freud, Sterba cherche à dissocier transfert et résistance: le transfert est utilisé par la résistance (une lacune du travail de Sterba est qu'il ne précise pas sa conception du transfert); 2° Reich méconnaît l'ambivalence, comme propriété originale, et il en fait une disposition acquise (ici encore, lacune du travail de Sterba, pour qui l'ambivalence ne semble pas poser de problème, alors que Reich en donne une interprétation dynamique); 3° Reich a une conception rigide de la stratification et de ses conséquences techniques; excellent exemple de Sterba qui prêche pour la souplesse; la négligence d'une résistance cachée n'a pas toujours des conséquences catastrophiques; 4° L'objection principale porte sur l'étroitesse du concept de caractère chez Reich; Reich réduit le caractère au mode principal de la résistance du Moi; Sterba pense que le caractère est coextensif à la personnalité totale et fait intervenir toutes les instances. La dernière partie de l'article est consacrée à une comparaison entre la résistance de caractère chez Reich et la défense du Moi chez Anna Freud; les conséquences techniques sont les suivantes: l'approche de Reich est hostile, il ne s'occupe du Moi qu'en tant qu'il résiste; Anna Freud reste un observateur objectif, qui s'abstient dé toute pression.
D. Lagache.