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L'interprétation du matériel prégénital étant un problème technique bien circonscrit, je présume que, dans l'esprit des initiateurs de ce colloque, il s'agit surtout d'élucider un certain nombre de questions techniques s'y rattachant, telles les indications, les contre-indications, et les effets dynamiques de l'interprétation prégénitale, en un mot établir les conditions stratégiques et tactiques dans lesquelles elle doit, ou ne doit pas être utilisée. Or, le fait que la question soit posée montre qu'il existe à ce sujet un certain flottement, une certaine équivoque et des divergences qui appellent une mise au point. Cet état de choses résulte — à mon sens — de positions doctrinales anciennes, fixées, n'ayant pas suffisamment retenu les apports plus récents, tels, par exemple, ceux de Melanie Klein et Bergler. Aussi me semble-t-il nécessaire de traiter l'aspect purement technique et pragmatique de la question en la situant dans son cadre historique afin d'étudier la nature même du matériel analytique ainsi que l'essence et le dynamisme spécifique du matériel prégénital. Je ne pourrai, évidemment, qu'amorcer cette étude et je compte beaucoup sur la discussion qu'elle ne devrait pas manquer de susciter pour la compléter. Quant au matériel clinique que je vous présenterai ensuite, il est puisé dans mes analyses d'adultes et je serai donc obligé de négliger complètement l'aspect technique qui concerne l'analyse d'enfants. Je suis sûr que cette lacune sera largement comblée par mes interlocuteurs spécialistes de cette question.
Bergler dit dans son Basic Neurosis que si Freud avait en premier découvert le conflit oral et ensuite le complexe d'Œdipe, le cours de l'histoire de la psychanalyse en aurait été changé. La question qui nous occupe s'insère donc dans le cadre de l'histoire de la doctrine psychanalytique