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La pratique met en évidence le problème suivant: parmi les malades qui sont adressés au praticien en vue d'une psychanalyse, un certain nombre est atteint de psycho-névrose bien définie (névrose obsessionnelle, phobique, hystérique); un nombre plus grand de patients comprend des sujets manifestement malades mais ne pouvant entrer dans aucune de ces catégories. Il est convenu de dire à leur propos qu'ils ont des problèmes affectifs entraînant une mauvaise adaptation à leur milieu familial ou professionnel. Un sentiment de malaise les a conduits à demander une aide. Ce sentiment de malaise peut d'ailleurs s'organiser selon des modes très différents les uns des autres. Il est devenu classique de dire que ces sujets sont atteints de névrose de caractère. Cette étiquette mérite une plus ample discussion puisque les relations des névroses de caractère avec les psycho-névroses, la caractérologie normale, les troubles du caractère et les états groupés en nosologie classique sous le titre de « personnalité psychopathique » sont mal définies.
Il nous paraît indispensable de reposer un certain nombre de questions au sujet des névroses de caractère. S'agit-il réellement de névroses ? Doit-on intervenir par un traitement psychanalytique ou doit-on considérer que dans beaucoup de cas il s'agit d'une gestalt pathologique dans laquelle l'individu ne prend de signification de figure que par rapport au fond formé par le groupe social ? Quelles sont les frontières de ces névroses de caractère avec la normalité ? Enfin dans quelle mesure une grande partie de ces névroses de caractère ne doit-elle pas entrer dans le cadre des névroses narcissiques décrites