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En lisant le dernier travail du Dr Nacht (1), il y a quelques jours, alors que j'avais presque terminé la préparation de celui que je vais vous présenter, j'ai éprouvé un double sentiment: d'abord le plaisir de trouver, dans son Essai sur la peur, mes conceptions analogues aux siennes; puis l'impression de n'avoir plus rien à dire aujourd'hui et de m'être proposé de vous parler d'un sujet devenu sans intérêt car l'essentiel me paraissait en avoir été écrit.
Aussi viens-je à cette tribune un peu comme s'il ne me restait qu'à justifier le titre que j'ai donné à ma causerie et qui a probablement intrigué quelques-uns d'entre vous.
Dans ce qui va suivre, vous remarquerez que je me suis efforcé de m'écarter des données théoriques, des concepts métaphysiques et des références habituelles pour me tenir aussi près que possible de l'observation clinique, au risque même de rester trop étroitement cantonné dans les données de ma seule expérience personnelle.
Il me semble utile, en guise de préambule, d'introduire ici une phrase du Dr Nacht reprise dans l'article cité: Toute la vie psychique d'un individu dépend de la façon dont il a pu composer avec la peur, car elle exprime lapidairement ce que j'avais l'intention de développer concernant les aspects de certains comportements névrotiques.
Je n'ai jamais pu considérer le comportement névrotique comme l'équivalent d'une maladie affective ou morale mais, au contraire, comme une sorte de remède opposé à l'angoisse, remède grâce auquel le sujet, procédant par éviction des situations anxiogènes, parvient à vivre, d'une manière fort compliquée parfois, en se soustrayant