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Comme la plupart des activités physiologiques, c'est dans l'invisible et l'inconscient que s'accomplit la fonction génitale, du moins quant à son élaboration essentielle, primaire et cellulaire; le microscope seul, en effet, nous a permis de connaître et la science a décrit seulement depuis quelques décades le processus intime de la fécondation: la rencontre et le croisement des gamètes, la fusion, si particulière, du spermatozoïde et de l'ovule.
Dans l'espèce humaine, le spermatozoïde, élément mobile, à la fois lancéolé et flagellé, se dirige, par un tropisme qui est le geste initial et infinitésimal de l'amour, vers l'ovule, élément immobile, arrondi, à la fois plus lourd et plus gros. Déjà les caractères sexuels sont morphologiquement et physiologiquement différenciés: d'une part, la cellule virile ou paternelle, effilée, active et dynamique, à qui revient l'initiative du mouvement (le mot vir contient une idée de force, de « virtualité »); d'autre part, la cellule féminine ou maternelle, passive et réceptive, mais aussi plus massive, plus riche de volume et de substance (cf. les mots femina et mater, le premier impliquant une idée de réserve alimentaire, « nourricière », et le second figurant à l'origine du mot « matière ») (1).
Le microscope a révélé, d'autre part, les remaniements cellulaires qui précèdent la constitution des gamètes: ces cellules germinales représentent, l'une et l'autre, une cellule dédoublée, une demi-cellule, ne possédant que la moitié du nombre des chromosomes imparti à à l'espèce. Et, au moment de la conception, ces deux demi-cellules