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A la suite de la publication de l'Essai sur la peur, de M. Nacht, et pour apporter un élément d'information à l'appui des théories qu'il expose concernant les liens entre l'agressivité et l'angoisse, il nous a paru intéressant de vous rapporter en détail l'observation d'un sujet qui a présenté, à la suite de graves blessures de guerre, des phénomènes dont nous allons vous parler.
Il s'agit d'un homme de 37 ans 1/2, officier, qui fut grièvement blessé, le 21 juillet 1952, alors qu'il effectuait un séjour en Indochine.
Ce sujet ne présente rien de particulier dans ses antécédents, tant psychologiques que somatiques, en dehors de deux épisodes sur lesquels nous reviendrons plus tard. De formation universitaire, il bénéficie, en outre, d'une certaine culture psychologique et psychanalytique.
Lors des faits rappelés, il se trouvait en Indochine pour un deuxième séjour, ayant déjà passé dans ce pays un an, période pendant laquelle il avait contracté une amibiase.
Vers le début de juin 1952, il se plaignait de fatigue, souffrait de nombreux troubles digestifs qui amenèrent le médecin traitant à conseiller une nouvelle cure d'émétine, qui fut pratiquée à l'hôpital Grall, à Saïgon.
En raison de l'asthénie entraînée, aussi bien par un séjour de vingt mois que par les effets de l'émétine, le malade fut envoyé au repos sur une plage au bord de la mer de Chine.
Huit jours après son arrivée, le Centre de Convalescence dans lequel il se trouvait était attaqué par un groupe de Viet-Minh qui massacrèrent toutes les personnes présentes, laissant sur le terrain 23 morts et 25 blessés.