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Le voyeurisme, tant dans sa forme normale que dans sa forme pathologique, n'a été l'objet, jusqu'à présent, que d'études relativement rares. Freud y consacre quelques lignes dans Trois essais sur la théorie de la sexualité et un court article sur les troubles psycho-génétiques de la vision, Fénichel à peine une page dans La théorie psychanalytique des névroses et les références bibliographiques qu'il fournit sont très succinctes. Pourtant, cette pulsion partielle prend, à notre sens, dans l'évolution de l'individu vers la maturité, une importance primordiale qui, pourrait-on dire, se condense dans les multiples sens et usages du verbe « voir ». Il est cependant possible que mes recherches bibliographiques aient été incomplètes.
Ayant eu l'honneur de me livrer, dans le Service d'Ophtalmologie du Dr Hartmann, à des enquêtes psychosomatiques sur différents troubles oculaires, je suis arrivé à certaines hypothèses concernant la genèse de ces troubles. J'ai été frappé, au bout d'un certain temps de travail, par le fait que les hypothèses ainsi établies n'envisageaient jamais la répression d'une tendance scoptophilique mais toujours une répression motrice. Or, les rares travaux psychanalytiques publiés sur Ces sujets mettaient toujours au premier plan une inhibition du voyeurisme. Ceci m'a amené à souhaiter synthétiser mes impressions avec ces travaux et à les appliquer à une étude théorique et clinique du voyeurisme. Je vais commencer par exposer les hypothèses qu'il m'a semblé possible de formuler concernant l'évolution affective de la vision et tenter d'y situer la naissance et le développement de la pulsion partielle qu'est le voyeuris me.