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Deux instincts sont en moi, Vertige et déraison, J'ai l'effroi du bonheur, Et la soif du poison.
Discutant de ce sujet avec un confrère et ami, j'eus l'occasion de citer ces vers. Il s'écria : « Masochisme ! Méfie-toi, Amiel était un grand obsédé. »
Amiel était en effet un obsédé. Le digne parrain du masochisme, Sacher-Masoch, était hystérique. Nacht (26), dans son important travail sur ce sujet, a montré la participation du masochisme à presque toute la psychopathologie. La dernière née, la médecine psycho-somatique, en fait aussi grand usage. On retrouve donc le masochisme partout. Il déborde les entités cliniques définies, principalement sur deux dimensions. D'abord horizontalement, débordant le dessin hystérique, obsessionnel ou autre, nous le découvrons comme toile de fond. Verticalement également, en quelque sorte, puisque le masochisme dépasse la pathologie et semble être consubstantiel à la condition humaine elle-même. (On pourrait même dire sur trois dimensions ; le masochisme survit souvent, pendant le traitement, aux autres symptômes, débordant ainsi dans le temps.) Certains auteurs, comme Reik (31) et Berliner (5), ont orienté leurs recherches dans ce sens. Freud (14, 18) parle à plusieurs reprises de masochistes non névrosés et de masochisme immanent.
Cette orientation est séduisante et ouvre de larges horizons aux chercheurs, mais est, à notre sens, insuffisante à la recherche psychanalytique médicale qui, elle, doit aboutir à une meilleure connaissance des névroses et des psychoses. En effet, que le masochisme révèle l'aspect