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Quand une science nouvelle est venue éclairer un pan de l'opaque ignorance humaine, ses adeptes sont tentés d'en étendre la lumière à plusieurs domaines. C'est ce qui est arrivé à la psychanalyse. Ainsi, née au chevet des névrosés, elle a bientôt projeté ses clartés sur la psychologie normale, puis sur toutes les sciences de l'homme, de l'esprit, approfondissant nos conceptions touchant l'éducation, la pédagogie, la criminologie, l'ethnographie, l'histoire des civilisations et des religions.
La médecine proprement dite a bien entendu profité de cet élargissement de nos connaissances. D'innombrables troubles digestifs, cardiaques ou autres, qui encombraient les consultations des hôpitaux et les cabinets des médecins, se sont ainsi révélés comme fonctionnels et partant justiciables de la psychothérapie, ou courte, mais inspirée par la psychanalyse, ou, s'ils sont plus profonds, d'une psychanalyse classique régulière.
Mais la psychanalyse, depuis quelques années, a tenté de mener plus loin ses conquêtes. Avec la médecine psychosomatique, elle a envahi le domaine jusque-là réservé au médecin seul.
C'est d'Amérique, ce pays qui ne recule devant l'audace d'aucun progrès, que ce mouvement est parti. La médecine psychosomatique y a ses, plus fervents adeptes, et de gros traités, tels ceux de Flanders Dunbar ou de Weiss et English et les travaux d'Alexander et de l'école de Chicago, lui sont consacrés, avec, suivant les auteurs, plus ou moins de hardiesse.
Vaste mouvement dont les flots, par delà l'Atlantique, viennent battre les rivages de notre vieux continent.
Sous ce flot déferlant, nos terrains anciens perdent parfois de leur solidité. La vieille médecine franĉaise elle-même, avec son fonds