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Charles Odier est mort le 28 juillet 1954, après de longues et très pénibles souffrances qu'il affronta avec une lucidité sereine et le plus grand courage.
Ceux qui l'ont connu pendant la période parisienne de sa vie, au cours des réunions de la Société psychanalytique ou de l'Évolution psychiatrique, se souviennent d'un collègue toujours intéressé par quelque recherche, prêt à entamer une discussion ou à présenter un point de vue nouveau, aimant la théorie et se méfiant de la théorie. Mais beaucoup avaient en lui un ami qui prolongeait parfois les réunions de sociétés en conversations familières pendant lesquelles son visage, dont les traits étaient réguliers et fins, s'animait d'un sourire particulièrement jeune ponctuant l'acuité d'une remarque très personnelle.
Succédant à divers logis transitoires, charmante, une maison presque de campagne en plein jardin, à Auteuil, dans une rue évoquant un psychiatre très parisien de jadis, donnait de cette résidence l'impression qu'elle serait définitive. Mais la guerre éloigna, sans autres retours que de furtifs passages, Odier qui nous laissa le regret de n'avoir pas entendu les subtils exposés en lesquels il eût présenté la primeur de son œuvre et les discussions fécondes qu'il eût ainsi provoquées.
Il naquit en 1886, à Genève, dont l'Université lui décerna le titre de docteur en médecine (1911) après qu'il y eut fait ses études ainsi qu‘à Paris et à Vienne. « Citoyen de Genève », à la jonction des cultures franĉaises et germaniques, il bénéficia de l'enseignement donné à Vienne et, plus tard, nous apporta à Paris ce qu'il tenait de Berlin, où eut lieu, avec Alexander, sa psychanalyse didactique et où il suivit l'enseignement de l'Institut psychanalytique alors en plein essor (1923 et de nouveau en 1927). Auparavant, il avait été psychiatre comme assistant à l'asile de Bel-Air, à Genève. A Paris, il avait étudié la neurologie et, en particulier, la neurologie de guerre, auprès de Souques, comme assistant à l'hospice de Ville