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Tous ceux qui ont connu Franĉoise Boulanger ont été bouleversés d'apprendre la mort inattendue de cette jeune collègue, que nous avions vue partir, pleine d'espoir et de dynamisme, pour le Canada, sa nouvelle patrie, où elle allait d'ailleurs, presque dès son arrivée à Montréal, participer avec son mari, le Dr J.-B. Boulanger, à la fondation de la Société canadienne de Psychanalyse.
Franĉoise Boulanger avait été élue membre adhérent de la Société psychanalytique de Paris en 1953. Agrégée d'Université, elle avait déjà fait preuve de dons psychologiques exceptionnels dans l'exercice de ses fonctions de professeur. Sans doute l'intérêt qu'elle portait à ses élèves, à leur évolution et à leurs difficultés, n'avait-il pas peu contribué à l'orienter dans la voie de la psychanalyse où elle a tout, de suite montré une finesse et une perspicacité remarquables, servies par cette intelligence de cœur sans laquelle il ne saurait y avoir de vraie compréhension.
En mars 1951, elle avait épousé à Paris le Dr J.-B. Boulanger, psychiatre de Montréal, qui était venu en France pour sa formation psychanalytique. Ils eurent ainsi l'occasion de se connaître en travaillant côte à côte ; et jusqu'au bout, leur union fut en même temps une collaboration, puisqu'ils travaillaient ensemble à une traduction franĉaise — la première ! — de l'œuvre de Mme Melanie Klein.
L'avenir semblait leur sourire. Mais, le 4 septembre 1954, Franĉoise Boulanger mourait, à l'âge de 34 ans, dans ce pays lointain et ami, pour lequel elle nous avait quittés, il y a quelques mois seulement. Nous pensons aujourd'hui à elle et à sa destinée trop tôt brisée, avec beaucoup de tristesse et d'affection ; et nous adressons, à son mari et à tous les siens l'assurance de la sympathie profonde de tous les psychanalystes franĉais.
André Berge.