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Malgré sa relative fréquence, le phantasme « avoir un jumeau », qui survient surtout dans la période de latence chez l'enfant, n'avait suscité que peu de travaux jusqu‘à ce jour. Ce phantasme se présente comme une formation réactionnelle au désappointement amoureux et à la frustration ressentie au cours de l'expérience œdipienne. L'enfant incapable de supporter la situation angoissante crée un objet d'amour fictif mais satisfaisant et qui remplace ceux dont il lui a fallu se détacher. Le phantasme contient des éléments à deux autres groupes de phantasmes infantiles : celui de la « famille idéale » et celui de l’ « animal fidèle » et qui sont appelés à jouer des rôles sensiblement analogues.
La relation imaginaire avec le jumeau phantasmique a ceci de rassurant qu'elle n'est pas menacée de séparation. Mais sa caractéristique essentielle est l'identité au sujet du nouvel objet d'amour. C'est une image de lui-même à laquelle il lui est loisible d'offrir son amour. Elle reste donc d'inspiration essentiellement narcissique, encore que sous le couvert de cette pseudo-relation objectale le sujet puisse échapper à la culpabilité du narcissisme.
Afin de bien montrer les tendances contradictoires qu'exprime le phantasme, l'auteur présente une étude clinique mettant en relief les manifestations ambivalentes du comportement réciproque observées sur plusieurs paires de jumeaux uniovulaires.
L'exposé clinique est précédé d'une étude extrêmement intéressante des conditions de milieu dans lesquelles se développent les jumeaux dans la plupart des cas. Il y est notamment insisté sur les réactions affectives et les comportements déterminés par la perception de jumeaux aussi bien chez les adultes que chez les enfants et plus spécialement chez les autres enfants d'une famille où existent des jumeaux. Enfin, l'attitude de la mère de jumeaux, avant comme après leur naissance, est également soigneusement analysée.
Quant au matériel clinique proprement dit qui constitue la partie la plus import