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La période de la vie de Freud où son travail était orienté vers la neurologie a un grand intérêt pour l'histoire de la psychanalyse. L'ouvrage de Freud sur l'aphasie a d'abord un intérêt neurologique : il est le premier à attirer l'attention sur les excès des théories exagérément localisatrices (du moins pour les auteurs de langue allemande).
Dans ce livre, Freud parle de « l'appareil du langage » comme il parlera plus tard de l'appareil psychique, sur des bases aussi physiologiques que possibles. De même apparaissent, dans leur signification fonctionnelle, les termes de projection, représentation, investissement ; le terme de surdétermination est aussi défini ici dans ses relations avec les fonctions du langage. On voit ici comment Freud a sorti ces termes d'une physiologie dynamique pour les implanter dans la psychologie dynamique.
Assimilant les théories de l'évolution et de la dissolution de Jackson, Freud montre comment, en cas d'atteinte du langage, se produit une véritable régression, première apparition du point de vue dynamique psychanalytique. Freud saisit d'emblée les implications de ce point de vue : 1) La dissolution est le chemin inverse du processus normal ; 2) La régression du langage peut se manifester chez le sujet normal (fatigue, etc.).
L'auteur montre ensuite, par différents exemples, que l'influence des deux articles de Jackson que connaissait Freud (Selected Writings of John Hughlings Jackson, vol. 2, p, 198, London, 1932) a dû être très grande sur le fondateur de la psychanalyse. Jackson parlait déjà de « concomitants indépendants » pour le soma et la psyché. Freud alla plus loin dans l'autonomie psychique, mais ne dépassa pas les limites saines d'une psychologie physiologique.