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Les considérations de ce travail découlent d'un cas, malade schizophrène, chez lequel les émotions, au lieu de se borner comme chez le sujet normal à n‘être qu'un signal, conduisaient à l'investissement de toutes les fonctions du Moi, encore activées par toutes les traces mnésiques auxquelles elles pouvaient être liées. La structure de sa maladie était donc caractérisée par une faiblesse du Moi qui empêchait ce dernier de résister à la réalisation de tous les potentiels émotifs déclenchés en quelque occasion. Le Moi du schizophrène n'a à sa disposition que de l‘énergie non neutralisée d'origine prégénitale. On peut parler encore des troubles perceptifs du Moi — et affectivement le schizophrène peut être comparé à l'enfant au début de sa vie — lorsque son appareil perceptif dépend essentiellement des stimulations internes.
Les buts du traitement ne peuvent pas être la disparition des symptômes, mais la modification de la structure psychique. Mais la guérison des défauts du Moi soulève des résistances considérables du malade qui a peur de perdre son identité et d‘être submergé par les excitations venant du dedans ou du dehors. La régulation du transfert est le meilleur levier thérapeutique, à condition d‘éviter deux dangers : que le malade se sente trop aimé ou qu'il se sente rejeté. Lorsque le patient accepte de connaître ses défauts du Moi, on se trouve dans une situation analogue à celle d'un phobique à qui l'on conseillerait de surmonter la crainte des objets phobogènes et de se mettre en présence de son angoisse. Le schizophrène accepte alors le contact avec les situations traumatisantes et le transfert crée un « cordon sanitaire » contre les traumatismes insupportables.