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Il est des peuplades primitives où la règle veut que le nourrisson dont la mère est morte en couches soit sacrifié. C'est une règle cruelle, mais qui recèle une sagesse dont un important ensemble de travaux sur la frustration précoce a montré la profondeur.
Avant que soient envisagées ici les conséquences cliniques de la frustration précoce, cette notion devait être précisée dans sa définition, ses contours et sa matière (1).
Rappelons que la frustration précoce est frustration objective et externe, carence et préjudice ; c'est la frustration des besoins fondamentaux dont la satisfaction est nécessaire à l‘édification de la personne sur un plan qui est, non pas seulement psychique, mais véritablement psychosomatique. L'importance de ces besoins, dont dérive directement la notion de frustration est elle-même à la mesure de l‘immaturité physiologique du nouveau-né et du nourrisson, et de l'incapacité où il est d'opérer seul et spontanément sa propre maturation.
Il en résulte que la pathologie de la frustration précoce est une pathologie de carence essentiellement, et c'est sous cet angle qu'en seront rapportées ici les différentes modalités cliniques.
Les connaissances dont nous disposons sur les effets de la frustration sont de valeurs très diverses : alors que les observations directes de nourrissons frustrés ont fourni des faits précis, sûrs, d'une valeur presque expérimentale, et dont il ne reste qu'à définir la théorie, d'autres faits, observés rétrospectivement chez l'adulte et dans des affections