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J'ai l'honneur d'ouvrir aujourd'hui en qualité de président de la Société Psychanalytique de Paris, le XVIIe Congrès de Psychanalyse de Langue française, qui est aussi depuis deux ans Congrès de Langues romanes.
Très honoré de la venue d'un grand nombre de nos collègues étrangers — Belges, Suisses, Italiens, Espagnols — nous sommes en outre heureux qu'ils se trouvent représentés maintenant dans notre Comité directeur, et que nous puissions mettre ainsi notre travail en commun.
Je remercie tout particulièrement, MM. Servadio et Lechat, qui ont bien voulu accepter cette collaboration.
Était-il nécessaire de tenir un Congrès régional de l'Europe à côté du Congrès international traditionnel ? Loin de nous tout esprit de rivalité ou de particularisme. Mais la Psychanalyse évolue de façon originale dans chaque pays et les confrontations sont utiles.
La première équipe d'élèves de Freud (Ferenczi, Abraham), travaillait en Europe, et c'est ultérieurement qu'un essaimage considérable se fit dans les pays anglo-saxons.
La pensée de Freud y fut représentée par ses élèves d'origine européenne : Alexander, Anna Freud, Melanie Klein, Hartmann, Lœwenstein, de Saussure.
En face de l'extension considérable qu'elle prend de ce fait en Amérique et de sa large diffusion, notre situation peut paraître ici modeste. Les différences de civilisation, de religion, ont joué pour une évolution différente. Les résistances collectives dont parlait souvent Freud, ont été certes plus marquées dans les pays latins. Mais, nous n'y voyons pas qu'un inconvénient. La lenteur relative du développement de l'analyse, son audience limitée, l'opposition qu'elle rencontre au contact d'un certain conservatisme et traditionalisme scientifiques, impose à notre travail une plus grande rigueur et s'oppose à tout débordement.
L'évolution majeure se fait donc ici, semble-t-il, vers une primauté