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Au cours de ces quinze dernières années, j'ai été obligé de constater que plusieurs de mes patients adultes faisaient, pendant leur analyse, une régression du transfert. L'une de ces patientes en particulier, une femme ayant dépassé 45 ans, a réussi à m'apprendre bien des choses, parce qu'elle n'était pas psychotique et que son cas n'exigeait pas une hospitalisation. Pendant longtemps, cependant, la malade subit une grave régression dans la situation analytique. Cette régression se produisait d'une manière ordonnée, et après avoir atteint son niveau le plus bas, faisait place à une progression. Ce cas et d'autres analogues m'enseignèrent bien des choses qui influèrent sur ma technique générale et je désire vous faire connaître un incident, survenu dans une autre analyse pour lequel j'agis tout autrement que je ne l'eusse fait il y a vingt ans de cela, étant donné ce que la régression de mes patients m'a fait connaître.
J'ai choisi dans tous les matériaux fournis par l'analyse d'un schizoïde de moins de 30 ans une série de 5 épisodes.
La sœur de ce malade avait longuement été traitée pour une dépression schizophrénique nette. Il était particulièrement important de ne perdre aucun des matériaux fournis par le patient parce que les circonstances l'obligeaient à n'avoir que 3 séances par semaine. Or je partage l'opinion courante suivant laquelle le nombre des séances hebdomadiares doit être de 5. Le patient, marié et père de deux enfants, est un médecin très intelligent, attaché à un service hospitalier. Sa crise lui avait fait perdre toute sa spontanéité. Sorti d'un hôpital psychiatrique et plusieurs mois après le début de son analyse, il restait encore incapable de travailler. Ce qui lui faisait consciemment poursuivre son analyse, c'est l'incapacité où il se trouvait de se montrer spontané,