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Dans un article précédent, j'étais parvenu à une série de conclusions au sujet des racines et des significations inconscientes de la musique et de l'activité musicale. Je vais maintenant essayer de les confirmer et de les clarifier et d'en montrer quelques nouveaux aspects. La plus grande partie du matériel sur lequel je me suis basé vient de l'analyse d'une jeune femme de 20 ans, appelée Ingrid, qui entreprit une analyse après un épisode schizophrénique traité par chocs insuliniques et qui, au cours de son traitement, devint une musicienne active et enthousiaste.
Avant d'exposer le matériel spécifique, je vais vous donner au moins quelques faits de la vie d'Ingrid, bien que le temps ne me permette pas de montrer en détail la relation entre ces faits et le matériel musical.
Les parents d'Ingrid sont encore vivants. Elle fut leur premier enfant ; quatre ans après, naissait un garçon. Le père est un homme d'affaires très prospère ; d'une personnalité plutôt dominatrice. A peu près d'aussi loin qu'elle puisse se souvenir, Ingrid avait toujours détesté son père. Dans ses rêves, il apparaît souvent comme un séducteur qu'elle rejette. Consciemment, Ingrid aimait beaucoup sa mère et la considérait comme fort belle et bonne, ce qu'elle est réellement, je pense. Mais, intérieurement, Ingrid lui adressait souvent le reproche de l'avoir abandonnée et de lui avoir préféré le père et de nombreux visiteurs.
Pendant la grossesse, la mère fut très anxieuse ; elle se demandait si elle aurait assez de lait, et mangea de manière compulsive. En neuf mois d'allaitement elle perdit 30 kilos.
A 1 an, Ingrid parlait presque parfaitement et avait à peu près complètement acquis le contrôle sphinctérien. La naissance de son frère provoqua des tempêtes de jalousie, mais après, ses relations avec