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Malgré les efforts tentés à diverses reprises depuis Freud lui-même, surtout du côté des psychanalystes, pour les réconcilier, les rapports entre ces deux branches des sciences humaines, psychanalyse et sociologie, sont longtemps restés mauvais : on aurait pu croire que les sociologues avaient considéré les efforts de Freud et de ses successeurs immédiats dans leur domaine comme une tentative d'annexion qu'ils ne pardonnaient pas. L'apaisement est venu depuis avec, entre autres, l'œuvre de Bastide (Sociologie et psychanalyse, P. U. F., Paris), mais de leurs rapports antérieurs, sociologues et psychanalystes ont gardé l'habitude de ne pas collaborer. Le seul domaine de la sociologie, ou à peu près, où leurs rapports soient restés assez étroits, celui d'ailleurs que Freud lui-même avait essayé d'éclairer, est celui de l'ethnologie. Or ces rapports sont unilatéraux : la sociologie cherche la solution de problèmes qui la concernent dans l'inconscient des individus composant la société ou dans l'inconscient collectif qui en serait issu, mais elle ne cherche guère à aider la psychanalyse dans l'exploration de l'inconscient individuel. Mon seul objet dans cette communication est de montrer en choisissant un point particulier que les rapports de la sociologie et de la psychanalyse ne sont pas nécessairement limités à l'ethnologie et que la psychanalyse devrait ne pas se borner à aider à la solution de problèmes sociologiques, mais demander quelquefois assistance à la sociologie pour ses propres problèmes.
L'analyse psychanalytique des individus semble avoir montré, selon Hélène Deutsch (2), à la suite notamment de Freud et Marie