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Il est devenu courant de soutenir — et une réunion récente nous en fournit la preuve — que doit être réservé au psychiatre non psychanalyste de décrire les syndromes psychotiques, tant en surface qu'en profondeur, de les grouper et de déduire de leur structure, diverses indications thérapeutiques. Il serait laissé au psychanalyste le soin de mettre en évidence des « mécanismes » qui ne présenteraient d'ailleurs aucune spécificité et n'auraient d'autre raison d'être que de corser les descriptions existentielles de ces syndromes. Notre sentiment est différent. La relecture attentive des divers textes de Freud concernant les psychoses nous a convaincu du profit que le psychiatre peut en tirer, tant au point de vue phénoménologique et par conséquent nosographique, qu'au point de vue pathogénique. Il nous est apparu aussi que si l'on ne pouvait soutenir que l'analyse classique soit applicable aux psychoses, néanmoins, c'est par une connaissance approfondie et une longue pratique que l'on peut mener à bien ces sortes de contre-analyses à la Federn.
La première tâche de la nosographie doit être de distinguer de grands groupes à l'intérieur desquels pourront être détachés plusieurs sous-groupes. Une classification ne peut se concevoir sans hiérarchie, ce qui vaut pour la botanique et la zoologie vaut pour la pathologie mentale. C'est pourquoi nous pensons que Freud a raison quand il distingue tout d'abord les névroses des psychoses. Mais cette première bipartition, comme les suivantes, doit reposer sur des caractères structuraux fondamentaux et non sur des apparences. C'est pourquoi la prise en considération des expériences conscientes existentielles ne surfit pas et c'est pourquoi l'étude doit en être poursuivie jusqu'à la racine inconsciente de ces expériences. Sans doute celle-ci ne s'offre pas