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Notre dessein en présentant ce travail est double.
En premier lieu notre première observation de bégaiement nous a mis en présence d'un matériel archaïque riche qui a été, grâce à la remarquable compréhension du patient lui-même, analysé avec un tel schématisme imagé et naïf qu'elle nous a paru mériter d'être rapportée du fait de son déroulement clair. Il nous paraît intéressant de montrer par ces images d'Épinal l'intrication et la succession quasi schématique chez un adulte de relations archaïques et génitales, permettant une appréhension immédiate de processus habituellement difficiles à démêler.
Notre second but est d'envisager la fonction du bégaiement et d'évaluer son importance par rapport à la structure de la personnalité de deux patients adultes que nous avons eu à traiter. Une simple lecture des observations suffirait à montrer combien l'aspect clinique est divers, et cela pose pour nous, au delà des significations du symptôme, le problème de sa fonction par rapport au Moi, problème à peine abordé par les descriptions classiques qui ne l'envisagent que comme le résultat d'une régression au stade sadique anal. Nous rappellerons brièvement que Fenichel range le bégaiement dans le cadre des « conversions prégénitales », terme appliqué antérieurement aux tics par Abraham, explicité de la manière suivante : « Alors que la symptomatologie est de la nature d'une conversion, la structure mentale du patient correspond à celle d'un obsédé. » En effet, il s'agirait pour Fenichel d'une simple régression au stade anal, ce qui n'exclurait pas d'autres pulsions mises à l'arrière-plan : phalliques, orales et exhibitionnistes. Nous pensons que cette description, correspondant plus à un souci d'unification théorique qu'à une réelle étude structurale, si elle réussit à donner un catalogue fidèle des significations du symptôme, est par ailleurs inexacte en ce sens qu'en rangeant le bégaiement parmi l'obsession, elle ne rend