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En 1950, un groupe de psychanalystes du Nord-Est des États-Unis se réunissait à la Yale University, sous l'impulsion de E. Brody, pour exposer et discuter leurs points de vue respectifs sur la psychothérapie psychanalytique de la schizophrénie. Le texte des débats a été réuni dans ce Symposium, auquel les présentateurs ont ajouté des introductions générales.
Cette formule d'ouvrage collectif, très répandue actuellement aux États-Unis, convient particulièrement bien à ce thème particulier de la Psychothérapie de la schizophrénie, le terrain le plus protéiforme et le plus, incertain, et sans doute la meilleure bouteille à l'encre que connaisse aujourd'hui la psychanalyse. Il y a de plus en plus de psychanalystes de schizophrènes, en particulier aux États-Unis, mais, si on ne le savait déjà, il nous suffirait de cet ouvrage pour apprendre qu'il n'y a pas une Psychothérapie analytique de la schizophrénie : chacun en est encore à faire la sienne.
Qu'est-ce que la schizophrénie, c'est le premier problème, qui manifestement n'est résolu d'une façon satisfaisante par personne. Qu'est-elle d'abord sur le plan nosologique, et sommes-nous certains, d'un psychiatre à l'autre, ou d'un côté à l'autre de l'Atlantique, que le même patient recevra la même étiquette diagnostique ? Aussi Brody doit-il être pleinement approuvé quand il recommande ici que toute publication concernant la Psychothérapie analytique de la schizophrénie comporte au préalable une minutieuse description clinique. Un autre point primordial est de savoir à quelle sorte de schizophrénie on s'adresse. K. Eissler est le seul ici à indiquer la différence profonde des problèmes techniques posés par les phases aiguës ou processuelles de la schizophrénie d'une part, et d'un autre côté par la phase de chronicité assez souvent négligée, et qui est pourtant l'essence même de la schizophrénie. Or, remarque encore K. Eissler, la plus grande partie des succès thérapeutiques signalés dans la littérature concerne précisément les