You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
L'auteur rappelle ses premiers travaux sur la phase de sadisme de la première année de la vie, au cours de laquelle les pulsions agressives sont dirigées non seulement contre la mère mais aussi contre l'intérieur du corps propre. L'évolution de l'enfant serait faite de processus d'introjection et de projection de bons et de mauvais objets. Le bébé éprouve comme vraiment dangereux, comme persécuteurs les objets sur lesquels il a projeté sa propre agressivité. Ces images fantasmatiques des objets réels hantent son monde extérieur et son monde intérieur. Le petit enfant passe par des expériences d'anxiété dont le contenu serait comparable à celui des psychoses de l'adulte.
L'un des premiers mécanismes de défense contre la peur de l'objet persécutoire est la négation de la réalité psychique. Elle peut amener à la négation de la réalité extérieure, fondement de psychoses très graves. Bientôt, le Moi s'efforce de se défendre contre les persécuteurs internalisés au moyen de processus d'expulsion et de projection. Cette anxiété et ces mécanismes de défense constitueraient les fondements de la paranoïa. L'anxiété paranoïaque serait apaisée par les mécanismes obsessionnels qui apparaissent très précocement.
Le travail actuel est une étude des relations entre états dépressifs, paranoïa et manie.
Pour Freud et Abraham le fait fondamental de la mélancolie est la perte de l'objet, suivie de l'introjection de cet objet par le Moi. Mais, se demande l'auteur, pourquoi le processus d'introjection est-il si spécifique de la mélancolie ? Pour elle, la différence essentielle entre l'incorporation dans la paranoïa et la mélancolie serait liée à l'évolution de la relation d'objet et à l'évolution de la constitution du Moi qui introjecte. Le Moi serait tout d'abord constitué par un nombre considérable de noyaux. Le sadisme oral prédominant serait à la base de la schizophrénie, le pouvoir d'identification du Moi étant encore limité et les objets introjectés, des objets partiels.
Dans la paranoï