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Mon intention est de rapporter dans ses grandes lignes un fragment de l'analyse d'une jeune fille atteinte de constipation sévère.
Le traitement, nous le verrons, fut interrompu au bout de neuf mois, et ce court laps de temps ne permit pas l'interprétation de plans profonds dans le transfert. Cependant, l'abondance du matériel qui se présenta, parfois d'une façon quasi caricaturale, ainsi que le nombre relativement restreint d'études sur la constipation (du moins, à ma connaissance) m'ont incité à ce travail malgré les lacunes dont je viens de parler.
Au cours de mon exposé, après un résumé clinique, je tenterai de dégager les manifestations psychodynamiques transférentielles qui m'ont semblé les plus caractéristiques chez cette malade. J'aborderai ensuite l'étude de sa constipation, essayant d'en montrer les mécanismes principaux.
D'aussi loin qu'elle se souvienne, Jacqueline fut constipée. Sa mère lui a parlé souvent de ses difficultés d'évacuation dès ses premiers mois. A 2 ans, on aurait constaté chez elle la présence d'un ver solitaire. Aux environs de sa cinquième année, la malade avait une selle tous les trois ou quatre jours. A 7 ans, elle présenta, dit-elle, une crise occlusive ayant entraîné une résection intestinale sur laquelle elle ne peut fournir des renseignements précis ; elle allait à cette époque, une fois par semaine à la garde-robe.
Une amélioration se dessina pendant quelques années à la suite de l'opération, puis l'intervalle entre les selles augmenta ; il atteignit quinze, vingt jours et même un mois au moment de l'adolescence. A