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La liberté, c'est le pouvoir d'agir à sa guise, ad libitum, c'est-à-dire « comme il plaît », en recherchant d'abord et surtout le « plaisir ». (Il est possible, mais non démontré, que le mot libitum ait la même étymologie que le mot liberté. En tout cas, nous verrons que les mots germaniques signifiant « libre » — freu en allemand et free en anglais — ont une racine indo-européenne qui désignait le plaisir). Ainsi, d'après le langage, — comme d'après la doctrine de Freud, — lorsque l'être humain s'abandonne, sans obstacle ni restriction, à son penchant naturel, il obéit au « principe du plaisir ».
D'autre part, le mot libitum est apparenté, sans aucun doute, au mot libido. On pourrait donc, en se référant, une fois de plus, aux conceptions et à la terminologie de Freud, proposer la définition suivante de la liberté : le plein exercice de la libido. Rappelons que ce terme de « libido », employé par Freud dans son acception la plus large, désigne précisément « tout ce qui plaît », tout ce qui est objet de désir et d'amour. (Le « désir », c'est un appel aux astres (de-siderare), c'est-à-dire aux Dieux, pour que leur absence ou leur désaffection ne nous prive pas de notre plaisir. Et le mot « amour » semble dériver de mamma (« mamelle » et « maman »), premier appel de l'enfant vers son premier plaisir, qu'il puise dans le sein maternel, cri instinctif exprimant le double besoin, d'abord confondu en un seul, de nourriture et de tendresse.)
La libido de Freud, analogue à l'Eros de Platon, ressemble également assez bien — pour emprunter ici le langage d'un troisième philosophe — à l'élan vital bergsonien qui, passant à travers les êtres, les pousse non seulement à vivre, mais à propager la vie.
La liberté, c'est donc au total, pour l'individu, la perspective d'un plein épanouissement de son être, la porte ouverte à une expansion indéfinie, personnelle et raciale, — bref le triomphe d'Eros, du principe du plaisir et de la Libido.