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Au cours des psychanalyses même les mieux réussies, il est normal que les symptômes disparaissent sans avoir dévoilé autre chose que leurs surdéterminations les plus récentes et les plus « psychologiques ». Le patient n'a pas à s'en plaindre, car la connaissance de la structure la plus basale du symptôme dont il peut désormais se passer ne lui apporterait, très vraisemblablement, aucune amélioration supplémentaire. Mais l'analyste regrette de ne pas en apprendre davantage. Toutefois, pour ne pas risquer de faire perdre du temps et de l'argent à son patient, il devra s'y résigner. Il n'est donc pas absurde que je me propose ici d'étudier un symptôme autrement que par la psychanalyse d'un nouveau patient, pourvu, cela va sans dire, que je ne cesse en aucune façon de tenir compte des découvertes psychanalytiques. Je choisis la phobie pour la richesse des informations qu'on peut obtenir à son sujet (il suffit d'interroger n'importe qui, enfant ou adulte), qu'il s'agisse de sa phénoménologie, de ses circonstances d'apparition, ou de ses vicissitudes. Les premières manifestations d'allure phobique, devant les personnes étrangères, surviennent dès 8 mois, mais, comme Spitz l'a pensé, ce ne sont pas encore à proprement parler des phobies. Nous n'aurons cependant pas à attendre longtemps car les premières phobies naissent des premières terreurs nocturnes, aux alentours du 20e mois. Il apparaît alors deux ordres de symptômes qui sont sans doute complémentaires l'un de l'autre, et qui ont chacun leur propre structure. La Phobie de l'animal grand n'a en effet pas la même structure que la soi-disant phobie de l'obscurité, et la différence ne se réduit pas à la présence d'un mauvais objet dans un cas, remplacée dans l'autre par l'absence d'un bon objet. A la phobie de l'obscurité nous verrons s'apparenter la claustrophobie et certaines agoraphobies. Quant à la terreur nocturne infantile, mère des phobies, et qui a été bien étudiée par M. Stern, elle est une névrose