You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Freud, de tempérament et de formation, est empiriste et positiviste. Aussi se présente-t-il d'abord à nous comme un exogéniste extrême, c'est-à-dire que sa pente est d'expliquer le dedans par le dehors, et de caractériser un être moins par ce qu'il est que par ce qui lui arrive. Cette tendance ressort avec éclat de l'importance du traumatisme dans sa théorie de la névrose, et bien plus encore de l'image singulière et saisissante qu'il emploie lorsque — assez tardivement d'ailleurs.— il aborde l‘étude du moi (das Ich) et veut rendre compte de sa genèse : le moi lui apparaît comme une sorte d’ « ectoderme », la surface différenciée d'un être de pulsions primitivement indéfini (das Es), qui subit cette modification superficielle et protectrice au contact d'un milieu extérieur — en bref une sorte d‘écorce ou de cal ; on ne saurait pousser plus loin, semble-t-il, l'exogénie. Déjà d'ailleurs dans le premier schéma qu'il traçait de l’ « appareil psychique » (1) ne représentait-il pas toute activité psychologique sur le modèle de l'arc réflexe, comme une réponse à un stimulus extérieur ? Tout cela est fort clair.
Nous voudrions cependant montrer ici qu'une disposition si évidente et si marquée n'entraîne pas Freud aux vues unilatérales qu'on en attendrait et qu'on lui impute souvent. Quelle que soit la rigidité du principe, la perspicacité du regard et la probité de l'esprit apportent à chaque pas lé correctif dialectique qu'il faut à tout principe pour mordre sur le réel avec pertinence et finesse.
Déjà d'ailleurs dans ce premier schéma de l' « appareil psychique »,