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Il y a une vingtaine d'années, une analyste habitant à l'étranger, me demanda si je pouvais m'occuper d'une de ses malades pendant le séjour de cette dernière à Paris, auprès de sa sœur mariée.
Quelque temps plus tard, la malade en question se présenta chez moi. C'était une femme d'une trentaine d'années, mariée, présentant les symptômes d'une névrose compulsionnelle sévère. Elle avait une telle horreur d'avoir peut-être « touché la vieille femme », qu'elle ne pouvait se passer de voir son psychanalyste tous les jours. Elle ne me laissa pas le temps de l'interroger très longuement sur l'histoire de sa vie et de sa maladie, car, disait-elle, « cela la bouleversait trop et rendait son anxiété intolérable ». Sachant que je ne devais la garder en traitement que quelques semaines, que je devais me borner à jouer le rôle d'une sorte de béquille temporaire, bref que la responsabilité du traitement restait entre les mains de son analyste, je décidai d'accepter ce rôle passif, d'observer la malade et de l'aider de mon mieux.
La malade commençait chaque séance en racontant un rêve de la nuit précédente, qu'elle faisait suivre d' « associations ». Ce sont ces « associations » surtout, qui m'apprirent qu'elle était en traitement depuis de nombreuses aimées sans grand résultat. Étant donné que j'appris bien plus de détails par la suite, je décrirai ces faits biographiques plus loin, au cours de ma présentation.