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L'intérêt de Freud envers les phénomènes qu'on a appelés tour à tour « occultes », « psychiques », « paranormaux » ou « métapsychiques », et qu'on dénomme aujourd'hui de préférence « parapsychologiques », ou plus brièvement « psi », s'est manifesté assez tôt dans sa longue vie. Alors que dans une note de 1899 (1) il avait simplement — et très nettement — « liquidé » un prétendu « rêve prémonitoire », en démontrant qu'il s'agissait d'une reconstruction plus ou moins post factum, et qu'en 1904, dans le chapitre XII de la Psychopathologie de la vie quotidienne (2), il avait manifesté son scepticisme — prudent, il est vrai — à l‘égard des rêves prophétiques et des expériences télépathiques, Freud adopta une attitude assez différente dans un essai beaucoup plus long, écrit en 1921, mais qui ne fut publié que vingt ans plus tard, Psychanalyse et télépathie (3), au cours duquel il déclarait qu’ « il ne paraissait plus possible de mettre de côté l'étude des faits dits occultes ». Ce changement d'attitude ne peut pas surprendre ceux qui savent que dès 1911, Freud avait accepté d'être « Membre Correspondant » de la Society for Psychical Research de Londres (1) — une Société qui avait comme but unique précisément l'étude de la télépathie, de la clairvoyance, etc. Il est bien évident que par cette acceptation, Freud avait montré qu'il admettait la possibilité des susdits phénomènes — car aucune personne de bon sens ne pourrait favoriser ou participer à une investigation sur des problèmes, ou des faits, dont elle nierait absolument et irrévocablement l'existence !