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La plupart des travaux concernant les perversions sexuelles ont essayé de différencier les structures perverses des névroses et des psychoses. Les travaux les plus anciens ont porté sur l'évolution des pulsions mais, par la suite, l'attention s'est trouvée déplacée sur les fonctions du Moi. Il est cependant difficile de décrire une structure perverse correspondant à tous les malades atteints d'anomalies sexuelles observés en clinique. Classiquement est considéré comme pervers sexuel tout individu qui ne peut arriver à l'orgasme sans une anomalie dans le choix de l'objet ou sans une déformation de l'acte sexuel, l'aberration sexuelle étant une condition nécessaire ou suffisante pour arriver au plaisir. L'observation montre qu'il existe de nombreux cas ne répondant pas à cette définition stricte, certains parce que pouvant par ailleurs réaliser un acte sexuel normal, mais préférant une activité anormale donnée, d'autres parce que vivant leur perversion plus dans l'imaginaire que dans le réel, ce qui les rapproche des malades névrosés. Malgré la diversité des structures que nous devons étudier nous avons cru pouvoir déceler un aspect constant des relations objectales de ces malades : 1° Dans toutes les formes envisagées ces malades maintiennent une certaine distance avec l'objet inconsciemment investi de manière à échapper à une peur toujours sous-jacente et à conserver cependant une certaine possibilité de satisfaction érotique ; 2° Ils y parviennent en érotisant justement les mécanismes du Moi qui leur permet ce maintien particulier de la relation objectale.
Erotisation des mécanismes de défense, érotisation de l'angoisse avec possibilité d'orgasme sont les caractères spécifiques des pervers