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Ce livre, destiné également à des médecins non analystes, est basé sur une quinzaine d'observations qu'il serait inutile de présenter ici sous une forme résumée.
Nous devrons donc nous borner à exposer les conceptions théoriques que l'auteur pense pouvoir déduire de son expérience clinique.
A. Garma rappelle d'abord l'évolution des conceptions de l'ulcère :
— maladie locale pour les premiers anatomo-pathologistes attachés à leur microscope ;
— théories neurogénétiques de Jager (1811) à Cushing (1932) ;
— psychogenèse défendue par Boles (ulcère psycho-neuro-circulatoire) et les expériences de Wolff et Wolff…;
— psychogenèse analytique avec Drapper (1920) et Alexander (1934) qui voit dans l'ulcère la conséquence de tendances passives insupportables transformées en désirs de recevoir des aliments de la mère ; ces désirs sont également refoulés et c'est leur persistance inconsciente qui entraîne une sécrétion intense, inutile, non neutralisée qui aboutit à la lésion ulcéreuse.
L'auteur expose ensuite, « dans une synthèse basée sur les écrits de Freud et M. Klein », ses propres conceptions sur l'importance des instincts digestifs dans les premiers stades du développement de l'enfant.
Le sein et, secondairement, la mère, sont les premiers objets instinctifs du nourrisson ; le sein est le premier objet désiré libidinalement, la mère toutepuissante est la première identification. Ces premières représentations digestives internalisées continuent à vivre à travers les réactions provoquées par les différents événements de l'existence ; elles vont déterminer des comportements qui refléteront le comportement ressenti du sein, de la mère (et plus tard de l'entourage) ou qui seront des résurgences des réactions primitives du nourrisson à ces comportements. Ce sont là les bases des conduites adultes et les fondements de son surmoi illogique.