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L'auteur met en doute les conceptions actuelles de développement précoce, telles qu'elles sont, en particulier, développées par les travaux de Spitz.
Il n'est pas sûr, dit-il, que l'alimentation affective précoce soit nécessaire au développement. Des chiens ont été élevés dans des cages étroites et isolées ; ils se sont très bien développés ; ils sont devenus remarquablement indemnes de troubles « émotionnels » et « névrotiques ».
Conclusion : la mère n'est peut-être pas « constitutionnellement » nécessaire au développement précoce, et le besoin en est peut être inculqué.
Cette conclusion paraît très hâtive. Normaux, ces chiens (qui n'étaient, après tout que des chiens) ne l'étaient pas : ils étaient « stupides et bizarres » ; ne réagissaient pas aux objets habituels de peur ou de douleur. Peut-être n'avaient-ils pas acquis les conditions qui rendent possibles à la fois une adaptation différenciée et la « névrose ».
Par ailleurs, les fonctions synthétiques du moi ne paraissent pas immuablement fixées et indépendantes du milieu, à en juger par une autre expérience, qui a placé des étudiants cobayes durant quelque temps dans une totale privation de toute stimulation sensorielle, résultat : les sujets perdirent des points aux tests d'intelligence et devinrent incapables d'attention et de persévérance ; ils éprouvèrent des hallucinations.