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Cet article présente une synthèse des vues de B. Lewin, dont les thèmes préférés et connus sont le rêve et la psychose. L'auteur suit les pas de Freud et de H. Jackson qui disait : « Sachez tout ce qu'il est possible de savoir sur les rêves, et vous aurez tout compris de la folie. » Lewin a cherché à comprendre ce que représente le sommeil d'un point de vue économique : c'est, comme le disait Freud, en 1916, l'état narcissique ; le rêve est le fruit d'un narcissisme qui se défend. Certains rêves qui ont frappé Lewin ont un fond, un écran sur lequel ils se projettent, mais cet écran est lui-même un produit du rêve, et son caractère narcissique fondamental est indiqué par sa référence au sein maternel ; certains rêves « non figuratifs », hautement vécus, se réduisent à cet écran, et à l'expérience ineffable, délicieuse ou terrifiante, de la réunion passive avec la mère. Les phénomènes hypnagogiques décrits par Isakower (état de demi-sommeil, hallucination hypnagogique d'une masse arrondie grossissant et pénétrant dans le sujet par la bouche pour se confondre avec lui) viennent à l'appui des vues de Lewin.
On sait que B. Lewin a vu des accès hypomaniaques se déclencher à la suite de rêves « blancs », orgastiques suivant en normes l'expérience d'une relation passive avec un objet maternel.
Le maniaque continue de rêver dans la mesure où il conserve la joie narcissique de la réunion avec la mère ; en même temps, il se défend contre cette passivité en la niant et la fuyant dans l'hyperactivité, et cherche à renouer avec le monde réel en y trouvant des prétextes et des justifications de son euphorie (le mélancolique est peut-être victime d'un surmoi qui l'avertit primitivement de cesser de s'abandonner à la satisfaction passive du nourrissage et du sommeil, et si le surmoi frappe si fort et si longtemps, c'est peut-être parce que le patient cherche « désespérément » à s'accrocher à cette passivité comblée).
Génétiquement, le rêve d'écran blanc se réfère à l'état de somnolence