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A la mémoire de John Leuba.
Dans le premier essai d'un jeune analyste, on doit pouvoir suivre les vicissitudes du travail clinique, et se rendre compte des particularités de la technique appliquée.
C'est pourquoi, au cours de cet exposé, où nous présentons l'esquisse d'un cas concret, nous montrerons d'abord comment nous avons été amenés à faire le diagnostic et à fixer le traitement. Puis, nous essaierons de démontrer par les faits, comment nous avons eu la confirmation de Favis de maints analystes, selon lequel le premier rêve apporté à l'analyse est souvent d'une importance spéciale.
Racontons la première séance, où apparaît avec netteté l'articulation de la vie inconsciente avec le tableau clinique général de notre malade, ce qui nous fera saisir, sur le vif, le dynamisme du rêve. Ce premier apport onirique était, dans son langage propre, un récit des conflits que notre patient vivait sans le savoir, et une énumération assez complète des défenses mises en jeu pour conjurer les dangers supposés qui l'empêchaient d'accepter sa sexualité.
On peut difficilement trouver dans la littérature un exemple qui montre avec tant d'évidence l'utilité d'un apport onirique précoce. Un exposé comme celui-ci pourrait, peut-être, préciser les idées que quelques psychiatres (informés théoriquement seulement) se font de l'emploi du rêve en psychothérapie et qui reprochent aux psychanalystes un maniement arbitraire des symboles. Le problème de la validité générale des symboles est fascinant et de grande envergure théorique. Dans le travail clinique, il a un intérêt pratique. Il nous aide à mieux